Decathlon tuntas kontrovérsi

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La commercialisation, puis le retrait, par la firme Decathlon d’un hijab de course a suscité une polémique cette semaine. La marque a dû renoncer à cette commercialisation à la suite d’une mobilisation sur les réseaux sociaux et les médias.

C’est la photo d’une cagoule noire, inquiétante, qui a enflammé mardi les réseaux sociaux. On pourrait croire à un niqab, car aucun visage n’est apparent, mais c’est bien un hijab, donc un voile couvrant uniquement les cheveux et le cou qui est mis en vente par Decathlon. Au départ, seuls quelques féministes et des comptes d’extrême droite s’offusquent de cette commercialisation et les médias se tiennent à distance de la polémique naissante sur les réseaux sociaux. Mais voilà que les politiques s’en emparent, d’abord la porte-parole Les Républicains, Lydia Guirous, qui estime sur Twitter que « Decathlon se soumet à l’islamisme qui ne tolère les femmes que la tête couverte d’un hijab ». Puis c’est au tour de députés socialistes ou la République en marche ou encore des personnalités du Printemps républicain ou du Rassemblement national d’embrayer. « Decathlon, à fond l’islamisme », explicite Marine Le Pen.

Bien sûr une telle mobilisation politique ne pouvait avoir lieu sans le concours des médias. RTL, les chaînes d’infos, les journaux télévisés ne se sont pas contentés de traiter le sujet : ils ont aussi sollicité l’avis de personnalités politiques sur cette affaire qui témoigne surtout des crispations de la société française. RTL a par exemple interrogé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn : « Est-ce que vous ne pensez pas que la laïcité est en danger avec ce type de commerce » ? La ministre, que l’on dit partante pour prendre la tête de la liste En Marche aux Européennes, ne s’est pas fait prier : « Cela ne correspond pas bien aux valeurs de notre pays » . Pourquoi ? Les signes religieux sont-ils interdits dans l’espace public ? On ne parle pas là de l’école, qui s’est construite sur la laïcité, mais de la rue et d’un article de sport qui ne voile pas le visage. Qui plus est, la pression pour le retrait de l’objet, à laquelle Decathlon a finalement cédé, peut être vue comme une entrave à la liberté de commerce. « Un nouvelle fois la France s’est pongée dans le ridicule en parlant des vêtements que les femmes peuvent choisir de porter ou non », écrit le Washington Post, cité par Courrier International.

Alors bien sûr, les féministes répondront qu’il faut s’opposer à tout ce qui enferme la femme. Que le voile n’est que l’instrument d’une domination masculine et religieuse. Il reste un fait : il n’y a qu’en France que ce type de vêtements déclenchent des polémiques insensées. Un peu comme dans le film de l’américain Michael Moore, Boling pikeun Columbine, le problème n’existe que d’un côté de la frontière car les écrans ne cessent d’en faire un problème. Moore parlait de la sécurité avant la guerre d’Irak.

SOURCE: http://www.rfi.fr/emission/20190302-decathlon-fond-polemique-hijab-france