AS / Cina: deal alus atawa nanaon!

[Social_share_button]

Le président américain s’est montré ferme vendredi au sujet des négociations commerciales avec la Chine.

Donald Trump a jeté un froid vendredi sur l’issue des négociations commerciales avec la Chine, brandissant la menace d’interrompre les discussions si les points les plus contestés n’étaient pas résolus.

«Je suis confiant mais (…) si ce n’est pas un bon accord, je ne signerai pas d’accord», a déclaré le président américain, un changement de ton radical après avoir exprimé son optimisme ces dernières semaines sur la possibilité de parvenir à un accord. «Ca ira très bien pour nous d’une manière ou d’une autre, avec ou sans un accord», a insisté M. Trump.

Les deux premières puissances économiques du monde négocient âprement depuis janvier un accord pour en finir avec leur guerre commerciale enclenchée l’an passé, qui s’est matérialisée par des taxes douanières punitives réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

Mais l’administration Trump a révélé cette semaine que le déficit commercial américain avec la Chine avait atteint un niveau record l’an passé, de quoi irriter l’hôte de la Maison Blanche. Dans une fermeté similaire, Donald Trump avait régulièrement menacé le Canada et le Mexique de mettre fin au traité de libre-échange qui les lient aux Etats-Unis, avant finalement d’annoncer un accord en septembre dernier.

Pas de calendrier

Vendredi, le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow a, lui aussi, laissé entendre que les Etats-Unis pourraient mettre fin aux discussions avec la Chine si aucun bon accord n’était trouvé. M. Kudlow a évoqué le récent sommet Etats-Unis-Corée du Nord, que le président américain a brutalement écourté faute d’entente.

«Je ne suis pas en train de suggérer que cela va se produire (…). Je ne veux pas que l’on interprète mal» (mes propos), a-t-il déclaré sur CNBC. «Nous sommes tous optimistes mais, encore une fois, nos conditions doivent être remplies», a insisté le conseiller américain. Il a rappelé la feuille de route de l’administration Trump: obtenir de Pékin des changements structurels en mettant fin à des pratiques jugées déloyales, comme le vol de la propriété intellectuelle, le transfert de technologies ou la politique de subventions aux entreprises d’Etat.

Larry Kudlow s’est en outre refusé à avancer un calendrier sur ces discussions. Le représentant au Commerce Robert Lighthizer, qui dirige les négociations, «fait de son mieux pour qu’une rencontre entre les deux dirigeants puisse avoir lieu, peut-être à la fin de ce mois ou au début du mois prochain», a-t-il expliqué, évoquant une possible rencontre à Mar-a-Lago, la résidence privée de M. Trump en Floride.

Rapprochement

Des sources proches de la Maison Blanche avaient évoqué une rencontre autour du 27 mars après un voyage du président chinois Xi Jinping en Europe. «Rien n’est inscrit dans le marbre», a commenté Larry Kudlow.

C’est Donald Trump qui avait évoqué fin janvier une réunion avec le dirigeant chinois, expliquant qu’il s’agirait de résoudre alors les derniers points d’achoppement. «Aucune date n’a été arrêtée», a reconnu de son côté Terry Branstad, l’ambassadeur américain à Pékin, dans un entretien vendredi au «Wall Street Journal». Selon lui, les préparations pour une telle réunion n’ont même pas commencé.

Pour l’heure, la guerre commerciale pèse sur l’économie chinoise. Elle fait aussi redouter un net ralentissement de la croissance mondiale. «Les deux parties sont d’accord sur le fait qu’il doit y avoir des progrès significatifs, en d’autres termes, qu’elles aient le sentiment d’avoir rapproché leur vue avant que cela (une rencontre entre les dirigeants) ne puisse se faire», a expliqué M. Branstad. «Nous n’en sommes pas là pour le moment», a-t-il également concédé.

Les tractations vont bon train

Pékin redoute notamment que Donald Trump n’ait des exigences intenables de dernière minute. Sur une note plus optimiste, le diplomate a estimé que les deux pays n’avaient pas été aussi proches depuis très longtemps.

Et Larry Kudlow a souligné que les tractations allaient bon train. «Nous négocions par téléphone et par téléconférence. Les documents élaborés il y a deux semaines (lors de négociations à Pékin) avancent énormément», a-t-il assuré. «C’est ce qui rend le président optimiste sur un accord potentiel», a-t-il observé.

Face aux détracteurs qui prédisent un accord au rabais qui ne se traduirait que par des achats supplémentaires de produits agricoles et des produits du secteur de l’énergie –déjà concédés par Pékin–, le conseiller rétorque: «Nous nous penchons toujours sur les problèmes structurels, sur la mise en oeuvre» d’un potentiel accord.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a lui aussi estimé vendredi que des progrès «substantiels» avaient été enregistrés tout en apportant son soutien total au combat judiciaire lancé par le géant mondial des télécoms Huawei contre les Etats-Unis. Pour le moment, les deux pays assurent que cette affaire n’est pas sur la table des négociations commerciales. (afp/nxp)

Source : https://www.24heures.ch/monde/Trump-veut-un-bon-accord-avec-la-Chine-sinon-rien/story/31128438