Aljazair: a panggero pikeun neunggeul umum, Présidén Bouteflika balik ka Algiers

[Social_share_button]

Les transports et la plupart des lycées sont fermés, mais certains commerces et administrations restent ouverts .

Les lycéens ont manifesté dans le calme à Alger dimanche matin.
Les lycéens ont manifesté dans le calme à Alger dimanche matin. RYAD KRAMDI / AFP

Lycées fermés, transports publics à l’arrêt à Alger, rideau baissé chez certains commerçants… La mobilisation contre un cinquième mandat du président Bouteflika se poursuivait en Algérie, tandis qu’un appel à la grève générale avait été lancé sur les réseaux sociaux pour dimanche 10 mars. En fin d’après-midi, le retour d’Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé en Suisse depuis deux semaines, a été annoncé par un communiqué de la présidence.

Dans le centre d’Alger, un millier de lycéens, drapeaux algériens à la main ou noués autour du cou, se sont rassemblés en criant notamment : « Eh, Bouteflika, pas de 5e mandat », avant de se disperser dans le calme en fin d’après-midi. Des défilés lycéens ont été signalés dans divers quartiers de la capitale et dans plusieurs villes du pays, où de nombreux lycées étaient fermés dimanche, jour de semaine en Algérie.

Etudiants et enseignants ont occupé également plusieurs universités du pays, refusant de se plier à la décision, prise par les autorités la veille, de faire commencer les vacances ce dimanche, les avançant d’une dizaine de jours et les allongeant d’autant. Depuis plusieurs jours, une grève a commencé et se poursuit dans les facultés. La décision de fermer les cités universitaires à l’occasion de ces vacances avancées, ce qui aurait contraint les étudiants – nombreux dans les manifestations qui ont débuté le 22 février – à rentrer chez eux, a été rapidement annulée face au tollé. Une nouvelle marche estudiantine est prévue mardi pour la 3e semaine consécutive.

Baca ogé Le président Abdelaziz Bouteflika de retour en Algérie

Grève diversement suivie

Outre ces manifestations de lycéens et d’étudiants, l’appel à la grève générale a été diversement suivi. A Alger, les transports publics étaient à l’arrêt : aucun train ni de banlieue ni de grande ligne ne partait des gares de la capitale ; aucun métro, tramway ou bus ne circulait.

Une majorité de magasins du centre commerçant de la capitale algérienne n’ont pas ouvert. Le marché Reda Houhou, dans le centre, fonctionnait, mais une partie des commerçants avait gardé le rideau baissé. De nombreuses boutiques du quartier populaire de Bab El Oued ou de Zéralda, en banlieue, étaient aussi fermées, selon des habitants. La plupart des administrations ont semblé, en revanche, fonctionner, de même que les entreprises privées.

Hors de la capitale, la situation était contrastée selon les villes. Si, à Oran, deuxième ville du pays, la plupart des commerces étaient ouverts, à Annaba, quatrième ville du pays, deux des principaux marchés de la ville étaient fermés, de même que tous les commerces et administrations. Selon le site d’information Tsa (Tout sur l’Algérie), les salariés de la branche agroalimentaire du conglomérat Cevital, plus important groupe privé algérien, étaient en grève et « la production de sucre et d’huile [était] à l’arrêt ».

Artikel ditangtayungan pikeun palanggan kami Baca ogé Dina Algiers, a Maret pikeun "martabat" bersejarah

Des manifestations dans plusieurs villes de France

Des milliers de personnes ont également une nouvelle fois manifesté dimanche dans plusieurs villes de France contre la candidature de M. Bouteflika. Souvent revêtus de drapeaux algériens, 10 000 manifestants, réunis sur la place de la République à Paris, scandaient « Pouvoir assassin » ou « Système dégage » dans une atmosphère bon enfant, faite de youyous des femmes et de stands à merguez-brochettes. « Mettons le FLN au musée », « un seul héros, le peuple », « pour une rupture radicale avec le système », pouvait-on lire sur les banderoles et pancartes, certaines portées sur la statue de la République.

A Paris, place de la République, le 10 mars 2019.
A Paris, place de la République, le 10 mars 2019. BERTRAND GUAY / AFP

L’opposant et homme d’affaires algérien Rachid Nekkaz, qui a tenté d’être candidat à l’élection présidentielle en Algérie, a fait une courte apparition en fin de manifestation, porté par des partisans. « On n’a jamais vu autant de mobilisation en Algérie. C’est très positif », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse (AFP). L’homme d’affaires était de retour de Genève où il avait été arrêté après avoir fait irruption dans l’hôpital, où était soigné le président Abdelaziz Bouteflika. A Marseille, un millier de personnes se sont également réunies en soutien au peuple algérien.

Vendredi, pour la troisième semaine de mobilisation contre le président Bouteflika, une marée humaine a envahi pacifiquement les rues d’Alger et des grandes villes d’Algérie. Défiant les mises en garde sur les risques de « chaos » lancées la veille par le chef de l’Etat, qui refuse de céder, la foule a défilé en arborant de grands drapeaux algériens rouge, vert et blanc. A Alger, la mobilisation a été très largement supérieure à celles des deux précédents vendredis, pourtant déjà impressionnantes.

Abdelaziz Bouteflika, président depuis 1999, a été rarement vu en public depuis un AVC dont il a été victime en 2013. Pour faire face aux rumeurs d’une dégradation de l’état de santé du président, son directeur de campagne a assuré jeudi que celui-ci n’inspirait "Henteu aya hariwang" et que les examens qu’il subit en Suisse seront bientôt terminés. Mais une avocate agissant pour le compte d’une citoyenne algérienne non identifiée a déposé vendredi une requête devant un tribunal suisse demandant le placement sous curatelle de M. Bouteflika en raison de son état de santé qui l’expose à être « manipulé » par son entourage Depuis le 22 février, le mouvement de protestation le plus important des deux dernières décennies en Algérie a poussé des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour exprimer leur opposition à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, avant l’élection présidentielle prévue le 18 avril. SOURCE : LE MONDE